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  303-3. Staline, la propagande et le culte de la personnalité

lundi 28 novembre 2011, par Pierre Méra  

L’hymne national

De 1944 à 1961, l’hymne soviétique change : ce n’est plus l’Internationale, mais un hymne en hommage à Staline :

IMG/mp3/hymne_sovietique.mp3

Ainsi le 2e couplet :

A travers les orages rayonnait le soleil de la liberté
Et le grand Lénine a éclairé notre voie.
Staline nous a inculqué la fidélité à l’égard du peuple,
Et nous a inspirés le travail et les exploits.

Après 1961, une fois les crimes de Staline dénoncés par son successeur, Nikita Khrouchtchev, les références à Staline disparaissent et le texte devient :

A travers les orages rayonnait le soleil de la liberté
Et le grand Lénine a éclairé notre voie.
Il a élevé le peuple vers la juste voie,
Et nous a inspiré le travail et les exploits.

Le site Kadouchka propose la traduction complète.

NB : la version qu’on peut entendre ici est la version de 1977, sans référence à Staline donc.


Le nom de Staline est partout, même sur les cartes de géographie !

Pendant toute l’histoire de l’URSS on a pris l’habitude de renommer villes, villages, usines... avec les noms des dirigeants morts ou vivants !

Cliquez sur la vignette ci-dessous pour voir l’animation.

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L’art soviétique

L’ouvrier et la kolkhozienne a été créée par Vera Moukhina pour orner le pavillon de l’URSS à l’exposition universelle de Paris en 1937.

C’est un exemple du réalisme soviétique, un art au service de la propagande.

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L’ouvrier et la kolkhozienne par Véra Moukhina

Destinée à impressionner les autres nations, à leur montrer la spectaculaire réussite de la jeune Union Soviétique, cette sculpture monumentale (25 mètres de haut) symbolise l’union des forces paysannes (la faucille) et des masses ouvrières (le marteau) projetées avec enthousiasme vers l’avenir pour l’accomplissement de la révolution socialiste mondiale.

La faucille et le marteau sont d’ailleurs des emblèmes figurant sur le drapeau soviétique.

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Drapeau de l’Union Soviétique

Placée juste en face d’un autre pavillon monumental, celui de l’Allemagne, il s’agit aussi d’un défi lancé à la face du régime nazi.

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Exposition universelle de 1937 - Plan des pavillons au Trocadero
Les pavillons gigantesques de l’URSS et de l’Allemagne nazie se font face.

Bien sûr, cette œuvre (et son commentaire !) doivent être regardés avec une grande distance critique, car nous savons aujourd’hui de quel prix fut payée cette "réussite" !

Histoire des arts, quelques liens utiles :
- http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/3/12/54/48/Chapitre-6---Les-regimes-totalitaires-dans-les-annees-193.pdf
- http://troisiemelfc.files.wordpress.com/2013/06/ouvrier-et-kolkhozienne-correction.pdf
- http://histoire-des-arts.weebly.com/v-moukhina-louvrier-et-la-kolkhozienne.html


L’embrigadement de la jeunesse dans un système totalitaire

"Des roses pour Staline" par Boris Vladimirski (1878-1950). Peint en 1949.

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Des roses pour Staline par Boris V ladimirski (1949)

Un syndicaliste anglais rencontre de jeunes kolkhoziens. Il témoigne.

« Pourquoi sont-ils si enthousiastes ? me demandai-je. Ils sont pauvrement vêtus. Ils ne sont même pas bien nourris. Tous ont l’air affamés... Se croient-ils vraiment les maîtres de ce pays ? S’imaginent-ils vraiment que quelque chose les attend, tout près qui vaille la peine ?

Je songe à la méthode communiste : s’emparer des enfants dès la crèche, les suivre dans les jardins d’enfants puis à l’école, les enrôler ensuite dans les Pionniers et les jeunes komsomols [1]. Toujours les tenir en main par une propagande incessante ! La propagande ! La propagande ! Du matin au soir. Par la TSF, le film, l’image, l’affiche, le manuel, elle les poursuit partout. » "

Walter Citrine, À la Recherche de la vérité en Russie, 1937.
 [2]


Staline et les peuples de l’URSS

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Staline et les peuples de l’URSS

Nombreuses sont aussi les images qui mettent en scène Staline au milieu des peuples de l’URSS. État fédéral composé de 15 républiques, l’URSS veut donner une apparence d’unité. Dans la réalité, nombreux sont les peuples qui ont été victimes du stalinisme.


La critique du système n’est possible qu’à l’étranger, et encore avec difficultés

A l’extérieur de l’URSS dans ces années 30, soit on s’oppose très radicalement aux principes mêmes du régime communiste que l’on voit comme une menace (les partis politiques de droite), soit on y adhère avec enthousiasme (les membres du parti communiste français par exemple).

Rares sont ceux qui ont commencé à entrevoir la vraie nature du régime. Parmi ceux-là, André Gide, grand écrivain français, qui se rend en URSS et publie à son retour un livre qui fait grand bruit parce qu’il met en lumière quelques failles du système qui contredisent la propagande officielle...

Extraits :

« Que font ces gens devant ce magasin ? Ils font la queue (...). Ils sont là de deux à trois cents, très calmes, patients. (...) Trois quart d’heure plus tard, je repasse : la même foule est encore là. (...)

Il y a peut-être quatre ou cinq cents objets pour lesquels se présenteront huit cents, mille ou quinze cents amateurs. Bien avant le soir, il n’en restera plus un seul. Les besoins sont si grands et le public est si nombreux, que la demande durant longtemps encore l’emportera sur l’offre, et l’emportera de beaucoup. »

(...)

« En U.R.S.S. il est admis d’avance et une fois pour toutes que, sur tout et n’importe quoi, il ne saurait y avoir plus d’une opinion. Du reste les gens ont l’esprit ainsi façonné que ce conformisme leur devient facile, naturel, insensible, au point que je ne pense pas qu’il y entre de l’hypocrisie.

Sont-ce vraiment ces gens là qui ont fait la révolution ? Non, ce sont ceux là qui en profitent. Chaque matin la Pravda leur enseigne ce qu’il sied de savoir, de penser, de croire. Et il ne fait pas bon sortir de là ! De sorte que, chaque fois que l’on converse avec un Russe, c’est comme si l’on conversait avec tous. »

(...)

« J’ai déclaré il y a trois ans mon admiration pour l’U.R.S.S... Là-bas, une expérience sans précédent était tentée, qui nous gonflait le cœur d’espérance et d’où nous attendions un immense progrès...

Nous voudrions pouvoir le dire encore... Il y a là-bas du bon et du mauvais... Parfois le pire accompagne le meilleur, on dirait presque qu’il en est la conséquence... Il arrive trop souvent que les amis de l’U.R.S.S se refusent à voir le mauvais, ou du moins à le reconnaître.

Nous admirons en U.R.S.S un extraordinaire élan vers l’instruction, la culture, mais cette instruction ne renseigne que sur ce qui peut amener l’esprit à se féliciter de l’état de chose présent... L’esprit critique y fait à peu près complètement défaut. Il ne consiste qu’à se demander si telle oeuvre, tel geste, telle théorie est “dans la ligne” ou ne l’est pas ...

L’effigie de Staline se rencontre partout, sa louange revient immanquablement dans les discours. En Géorgie, je n’ai pu entrer dans une maison sans y remarquer un portrait de Staline...

Maintenant que la Révolution a triomphé, maintenant qu’elle se stabilise, ceux que le ferment révolutionnaire anime encore, ceux-là gênent et sont supprimés... Ce que l’on demande à présent, c’est l’acceptation, le conformisme. La moindre protestation, la moindre critique est passible des pires peines et du reste serait aussitôt étouffée... Je doute qu’en aucun autre pays aujourd’hui, l’esprit soit plus craintif, plus vassalisé... »

André Gide, Retour d’URSS, 1936


L’expérience soviétique, un espoir pour les classes populaires dans les années 30

Le tableau ne serait pas complet si on ignorait l’enthousiasme sincère des classes ouvrières des pays étrangers pour l’expérience communiste qui se déroule en URSS et qui représente pour beaucoup un immense espoir.

Évidemment, peu nombreux sont ceux qui savent ce qui se passe réellement dans le pays.

Soyons clair ! Il est impossible de comprendre le XXe siècle, si on ne se rend pas compte de l’influence de l’idéologie communiste dans de très nombreux pays à cette époque.

Pour s’en convaincre on peut d’abord écouter ce très court extrait d’un entretien accordé par Charles Aznavour, le 8 octobre 2007 à Yves Calvi dans son émission Nonobstant sur France-Inter :

IMG/mp3/2007.10.08_nonobstant_charles_aznavour_phrase_communisme.mp3

On peut aussi lire et écouter les paroles de l’Internationale, hymne des partis communistes du monde entier. Composée à la fin du XIXe siècle, l’Internationale appelle à la révolution prolétarienne (la prise du pouvoir par la classe ouvrière) et se veut un chant d’espoir pour les opprimés.

Voir ici les paroles et la musique.

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L’Internationale, en français
IMG/mp3/internationale-fr1.mp3

[1Les organisations de jeunesse communistes

[2(Source : Hatier 3e 2007)


L’Internationale, hymne soviétique (en russe) -

Source : Wikipedia